D’une rencontre avec Elisabeth qui accompagne sa fille, adulte en situation de handicap et Jeanne épouse d’un conjoint atteint de maladie dégénérative est né ce poème en hommage aux aidant.e.s, ces engag.é.e.s de l’ombre.
Engagées de l’ombre Engagées de l’ombre
Passeuses de lumière 365 jours par an.
En ce temps d’été, du répit que nenni
Renoncer à la vie d’avant,
Troquer joyeuses improvisations contre rigoureuses anticipations,
Dans les pupilles des autres, lire « toujours trop, jamais assez ! »
Cheffes d’entreprises émérites,
Avec créativité vous jonglez entre administration, finances, informatique, logistique
Et tout ce qui donne des tiques.
En liste d’attente toujours dans les méandres des dossiers.
Contre les impatiences, apprendre le silence.
Au pain quotidien s’ajoutent les inquiétudes « pour après »
Après, quand vous ne serez plus là,
Quand la maladie abîmera un peu plus.
Alors pour tenir,
Changer son regard
Et les galères deviennent aventures,
Accepter un thé, un ciné, même épuisée
Car la solitude pèse,
Accueillir le sourire d’un soignant
Fleurir un massif, une jardinière, marcher, lire, écouter les oiseaux
Laisser entrer ces petits riens qui font du bien.
Et avec Malraux ou en chanson de Souchon,
Tout doucement,
Murmurer à vos aidés tant aimés :
« La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la Vie ».
Aurélie de Baudus
Crédit photo : merci à Kelly Sikkema-Unsplash